Population et société États-Unis d’Amérique

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Population et société États-Unis d’Amérique 2017-03-15T15:20:21+00:00

En 2003, la population des États-Unis était estimée à 290,3 millions d’habitants (3e rang mondial). La société américaine se caractérise par son caractère pluriethnique, par une forte mobilité spatiale et par un niveau de vie parmi les plus élevés de la planète. Elle est toujours affectée par d’importants clivages sociaux et ethniques. Les grands problèmes sociaux sont aujourd’hui l’insuffisance de la protection sociale, un chômage chronique et une grave crise urbaine (pauvreté, criminalité, ghettos ethniques).

Démographie

La population américaine a connu, pour la période 1990-1995, un taux d’accroissement de 10 p. 1 000 par an, dont les deux tiers reviennent à l’accroissement naturel (6 p. 1 000 par an). Le taux de natalité, estimé à 14,7 p. 1 000 pour la période 1995-2000, a fortement baissé depuis la période du baby-boom (1947-1961), caractérisée par une natalité élevée (24 p. 1 000) et une croissance annuelle de 15 à 20 p. 1 000. Le taux de mortalité est aujourd’hui très faible (8,4 p. 1 000). L’immigration (500 000 à 800 000 entrées annuelles autorisées), thème politique de nouveau sensible depuis 1980, représente le tiers de la croissance démographique annuelle, et sans doute beaucoup plus si l’on intègre l’immigration clandestine (estimée à 1 million d’entrées par an).

La population américaine vieillit mais reste relativement jeune par rapport aux autres pays développés, avec un indice de fécondité de 2 enfants par femme en 1998. L’âge médian est passé de 30 ans en 1980 à 32,9 ans en 1990. Le nombre des individus âgés de moins de 15 ans (22 p. 100 de la population) a décru d’environ 0,9 p. 100 entre 1970 et 1990. Celui des personnes âgées de 65 ans et plus (12 p. 100 de la population) a, quant à lui, augmenté de 55,6 p. 100. L’espérance de vie était estimée à 77,4 ans en 1998.

Les structures familiales, en constante évolution, traduisent les mutations socio-économiques. L’âge moyen du premier mariage est de plus en plus tardif (25,5 ans pour les hommes, 23,7 ans pour les femmes). Le taux de nuptialité diminue : il est passé de 10,8 p. 1 000 en 1970 à 9,7 p. 1 000 en 1990. Après une forte hausse et un taux record atteint en 1981, le taux de divorces tend aujourd’hui à diminuer. Le nombre de couples non mariés a quasiment doublé entre 1980 et 1990, tandis que celui des familles monoparentales a littéralement explosé, avec une progression de 242 p. 100 entre 1970 et 1990. Les naissances hors mariage représentent aujourd’hui 30 p. 100 du total annuel contre 11 p. 100 en 1970.

La densité moyenne de population aux États-Unis est très faible (30 habitants au km²). Ce chiffre masque toutefois une répartition fort inégale. En 1990, les cinq États les plus peuplés étaient la Californie (29,7 millions d’habitants),l’État de New York (17,9 millions), le Texas (16,9 millions), la Floride (12,9 millions) et la Pennsylvanie (11,8 millions). Sept États avaient une population inférieure à 1 million d’habitants : le Montana, le Dakota du Sud, le Delaware, le Dakota du Nord, le Vermont, l’Alaska et le Wyoming, qui constitue l’État le moins peuplé avec 453 000 habitants.

En 1990, le Sud et l’Ouest rassemblaient 138,2 millions d’habitants, soit plus de la moitié de la population totale. Ils sont aujourd’hui plus peuplés que le Nord-Est, centre historique du peuplement et de la révolution industrielle. Depuis les années 1970, on observe un déplacement du centre de gravité du pays depuis le Nord-Est vers le Sud-Ouest. Ce sont en effet les États de l’Ouest et du Sud qui enregistrent, aujourd’hui, la plus forte progression démographique. Ainsi, 54,3 p. 100 de la croissance démographique nationale, entre 1980 et 1990, s’est faite au bénéfice des trois États de Californie, de Floride et du Texas. Le Nevada a enregistré le taux de croissance le plus important (42 p. 100), la Floride, l’Alaska et l’Arizona atteignant plus de 30 p. 100.

Les déclins ou stagnations s’observent dans les États et les grandes villes du Nord-Est (New York), de la région des Grands Lacs et des Grandes Plaines centrales et septentrionales. Un certain nombre d’États y enregistrent une baisse de population (Iowa, Virginie-Occidentale, Dakota du Nord, Wyoming) ou bien une croissance nulle (Pennsylvanie, Illinois, Ohio, Michigan, etc.). La population de certaines grandes villes, comme Chicago, Cleveland, Philadelphie ou Detroit, a sensiblement chuté entre 1980 et 1990.

Les migrations interrégionales traduisent, depuis plusieurs générations, l’attraction des États de la Sunbelt (« Ceinture du Soleil ») et la répulsivité (relative) des vieilles régions industrielles et urbaines du Nord-Est (Manufacturing Belt), désormais baptisées Frost Belt (« Ceinture du froid »). La crise économique, particulièrement vive dans la Manufacturing Belt, conjuguée à des conditions de vie souvent médiocres (climat pénible, pollution, congestion urbaine, criminalité), explique, en effet, qu’un bon nombre d’Américains du Nord-Est et de la région des Grands Lacs émigrent vers les régions du Sud ou de l’Ouest, plus attirantes et aux conditions de vie plus clémentes, notamment pour les retraités. Ces évolutions dans la répartition spatiale de la population conditionnent directement la composition de la Chambre des représentants, la Californie, le Texas et la Floride détenant à eux seuls le quart des sièges.

Population – Diversité ethnique

Le melting-pot (« creuset ») américain a bien fonctionné et fonctionne toujours, mais il n’aboutit pas pour autant à l’assimilation ou à l’homogénéité de la population. Les minorités sont, dans l’ensemble, économiquement et socialement défavorisées. Les différentes communautés conservent leurs spécificités culturelles et de graves rivalités les opposent (comme en témoignent les émeutes de Los Angeles en 1992). Le recensement de 1990 montre un renforcement notable des minorités ethniques, notamment hispaniques et asiatiques, et une diminution de la majorité blanche. Entre 1980 et 1990, ces minorités ont enregistré un taux de croissance très supérieur à la moyenne nationale (9,8 p. 100) : 14,2 p. 100 pour les Noirs, 50 p. 100 pour les Amérindiens, 58 p. 100 pour les Hispaniques et 108 p. 100 pour les Asiatiques. Elles se caractérisent également par leur concentration géographique dans les grandes métropoles (New York, Los Angeles) et les États de la Sunbelt.

La communauté blanche non hispanique, descendant des anciennes vagues d’immigration européenne, reste très fortement majoritaire, mais connaît une baisse relative par rapport à la population totale (76,6 p. 100 en 1980, 74,9 p. 100 en 1990). Les descendants de la première grande vague d’immigration, anglo-saxonne et germanique, antérieure à 1890, constituent la majorité WASP (White Anglo-Saxon Protestant). C’est la communauté présentant la population la plus âgée (âge médian : 34,4 ans) et le taux de natalité le plus faible. Sa croissance démographique, aujourd’hui essentiellement naturelle, est moins rapide que celle des minorités, dont la natalité élevée est renforcée par une immigration venue d’Asie et d’Amérique latine. Les États où la communauté blanche représente le plus fort pourcentage sont le Maine (98 p. 100), le Vermont (98,6 p. 100) et le New Hampshire (98 p. 100).

Les Noirs américains constituent la minorité la plus nombreuse. Ils représentaient 12,3 p. 100 de la population totale en 1990 (11,7 p. 100 en 1980). En 1992, leur nombre était estimé à 31,4 millions. Leur taux de natalité est élevé, et ils sont inégalement intégrés dans la société américaine. Ce sont les descendants des esclaves africains, emmenés de force d’Afrique vers le sud des États-Unis par les planteurs de coton et de tabac, et dont l’émancipation ne fut proclamée qu’en 1865. Longtemps confinés dans les campagnes du Sud, ils ont connu, avec les transformations économiques de la première moitié du XXe siècle, une immigration massive vers les grandes cités industrielles du Nord-Est, où ils constituèrent un prolétariat urbain. Ils furent les premiers frappés par la crise des industries traditionnelles du Nord-Est, amorcée dans les années 1970. Beaucoup participent à un mouvement de retour vers le sud, en direction des grandes villes (Houston, Atlanta, La Nouvelle-Orléans). Aujourd’hui, ils constituent une part importante de la population des États du Sud-Est (35 p. 100 dans le Mississippi, 32 p. 100 en Louisiane, 25 p. 100 en Géorgie) et des grandes villes, où ils sont parfois majoritaires (66 p. 100 de la population à Washington). Toutefois, les plus importantes communautés noires se situent dans les États de New York (2,8 millions), de Californie (2,2 millions) et du Texas (2 millions). Cette population jeune (âge médian : 28,1 ans) et essentiellement urbaine, vivant dans les quartiers dégradés des centres-ville, est en grande partie touchée par la pauvreté, un taux de chômage élevé (le double de celui des Blancs), une sous-qualification, un retard scolaire chez les jeunes, une forte délinquance juvénile et adulte. Les ghettos noirs (Harlem à New York, Loop à Chicago, Watts à Los Angeles) sont aujourd’hui le symbole de l’Amérique paupérisée.

Les Hispano-Américains représentaient 9 p. 100 de la population totale en 1990 (6,4 p. 100 en 1980). En 1992, leur nombre était estimé à 24,2 millions. Ils constituent la communauté la plus jeune (âge médian : 25,5 ans). Environ 65 p. 100 d’entre eux vivent en Californie, au Texas, à New York et en Floride. Minorité montante, ils représentent aujourd’hui plus du quart de la population de la Californie et du Texas, et 38 p. 100 de celle du Nouveau-Mexique. Descendants des anciens colons mexicains (Hispanos) ou immigrants récents (Chicanos), la communauté hispanophone est très hétérogène. Les Mexicains sont de loin les plus nombreux (60 p. 100). Beaucoup d’entre eux sont entrés clandestinement aux États-Unis, en franchissant à la nage le Rio Grande (d’où leur nom de Wet Backs, ou Dos mouillés). Installés dans le Sud-Ouest (Californie, Texas, Nouveau-Mexique), ils constituent une main-d’œuvre docile, sous-qualifiée et mal rémunérée, exploitée par des employeurs souvent peu scrupuleux. Les Portoricains (2,5 millions), qui sont citoyens américains, peuvent s’installer librement aux États-Unis. Ils résident principalement à New York (10 p. 100 de la population). Souvent mal adaptés, ils connaissent des problèmes similaires à ceux des Noirs. Les Cubains, réfugiés politiques anticastristes (voir Cuba), se concentrent en Floride (Miami), où ils s’intègrent pour la plupart à la classe moyenne.

Les Asiatiques représentaient 3 p. 100 de la population en 1990 (1,5 p. 100 en 1980). En 1992, leur nombre était estimé à 8,2 millions. Les Chinois, les Philippins et les Japonais, implantés depuis longtemps aux États-Unis, sont rejoints en cette fin de siècle par un nombre croissant de Coréens, d’Indiens et de Vietnamiens. Près de 50 p. 100 d’entre eux résident à Hawaii et en Californie (Chinatown, à San Francisco). Beaucoup vivent également dans les États de New York et du New Jersey. Ils constituent le groupe ethnique le plus âgé après la communauté blanche (âge médian : 29,8 ans).

Les Amérindiens (2 millions) représentaient 0,8 p. 100 de la population en 1990. En 1992, leur nombre était estimé à 2,1 millions. Ils forment une minorité fondée sur la terre et leurs réserves constituent 2,5 p. 100 du territoire national. Regroupés pour la majorité en tribus, ils ont en commun d’avoir été progressivement décimés, refoulés, spoliés de leurs terres et finalement parqués dans des réserves (Sud-Ouest, nord des Grandes Plaines) au fur et à mesure de la colonisation européenne. Près de la moitié d’entre eux vivent dans l’Ouest (Arizona, Oklahoma). Leur situation est diverse. Certains connaissent une relative aisance grâce à l’exploitation de leurs forêts (Nez-Percés), d’autres une réelle prospérité grâce aux revenus de leurs richesses minières (Osages de l’Oklahoma, Navajos) ; beaucoup cependant demeurent très défavorisés. Citoyens de seconde zone, affectés par des taux de chômage supérieurs à 50 p. 100 et souvent ravagés par l’alcool, ils connaissent une grande misère morale, culturelle et matérielle. Leur forte natalité s’accompagne aujourd’hui d’une affirmation de l’identité amérindienne.

Population – Histoire du peuplement

L’histoire du peuplement du continent nord-américain est indissociable de celle de l’immigration, les autochtones (Amérindiens, Inuits, Aléoutes) ne constituant plus, aujourd’hui, qu’une infime minorité de la population. Depuis l’arrivée des premiers colons européens, au XVIe siècle, plus de 50 millions d’immigrants se sont installés aux États-Unis. Jusqu’en 1940, la quasi-totalité des immigrés vient d’Europe. Peu nombreux jusqu’aux années 1830, ceux-ci arrivent massivement à partir de 1840-1850. D’abord anglo-saxonne, l’immigration s’élargit, dans le dernier quart du XIXe siècle, aux pays de l’Europe méditerranéenne (Italiens surtout) et de l’Europe centrale. Plus de 23 millions d’immigrants affluent entre 1880 et 1920.

À partir des années 1920, les États-Unis, désireux de mettre un frein à l’immigration, établissent un système de quotas. La crise économique des années 1930 ne fait que renforcer cette tendance. Une nouvelle forme d’immigration se développe après la Seconde Guerre mondiale (réfugiés politiques d’Europe de l’Est, Cubains anti-castristes à partir de 1960, boat people indochinois après 1974).

Aujourd’hui, l’immigration provient essentiellement des pays du tiers-monde : Latino-Américains (Mexicains surtout) et Asiatiques (Coréens, Philippins, Vietnamiens). Dans les années 1990, un nouveau courant migratoire s’est développé en provenance des anciens pays de l’Europe communiste. L’immigration clandestine est probablement plus importante, aujourd’hui, que l’immigration légale. Elle a encore augmenté depuis 1990, en raison de la crise économique que traverse l’Amérique latine. Plus de la moitié des clandestins viennent en effet du Mexique.

Découpage administratif et villes principales – Découpage administratif

Les États-Unis sont une république fédérale formée de 50 États et d’un district fédéral (District de Columbia), comprenant la capitale fédérale, Washington : Alabama, Alaska, Arizona, Arkansas, Californie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Colorado, Connecticut, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Delaware, Floride, Géorgie, Hawaii, Idaho, Illinois, Indiana, Iowa, Kansas, Kentucky, Louisiane, Maine, Maryland, Massachusetts, Michigan, Minnesota, Mississippi, Missouri, Montana, Nebraska, Nevada, New Hampshire, New Jersey, New York, Nouveau-Mexique, Ohio, Oklahoma, Oregon, Pennsylvanie, Rhode Island, Tennessee, Texas, Utah, Vermont, Virginie, Virginie-Occidentale, Washington, Wisconsin, Wyoming. Presque tous les États américains sont divisés en comtés, à l’exception de la Louisiane, divisée en paroisses.

Découpage administratif et villes principales – Villes principales

En 2001, le taux de population urbaine s’élevait à 77 p. 100 de la population totale. Trois constats ressortent du recensement de 1990 : entre 1980 et 1990, la croissance démographique s’est faite au profit des villes de la Sunbelt (États du Sud et de l’Ouest) notamment les banlieues des grandes métropoles, à l’image de Los Angeles, qui a gagné 3 millions d’habitants. Les États-Unis se caractérisent par un phénomène de métropolisation très poussé. Le pays compte 39 métropoles de plus d’1 million d’habitants(contre 14 en 1950) ; ces 39 aires métropolitaines regroupent 124,8 millions de personnes, soit la moitié de la population totale. Les dix plus grandes agglomérations, en 1990, étaient New York (18 millions d’habitants), Los Angeles (14,5 millions), Chicago (8 millions), San Francisco (6,2 millions), Philadelphie, (5,9 millions), Detroit (4,6 millions), Boston (4,1 millions), Washington (3,9 millions), Dallas (3,8 millions), Houston (3,7 millions). Les façades pacifique et atlantique se caractérisent par de très fortes concentrations urbaines, avec à l’est la puissante Mégalopolis (45 millions d’habitants de Boston à Washington), qui enregistre des densités très élevées (396 habitants au km² dans le New Jersey) et, à l’ouest, de vastes conurbations transfrontalières (Portland-Seattle-Vancouver, au nord-ouest ; Los Angeles-San Diego-Tijuana, au sud-ouest).

La structure des grandes villes américaines est très différente de celle des cités européennes. De formation récente, organisées sur le principe du plan en damier (grid), les agglomérations sont pour la plupart dépourvues de « noyau » historique. Le centre actif de la cité se limite fréquemment au quartier des affaires, le « Central Business District » (CBD), dont les gratte-ciel dominent la ville et abritent les banques, les sièges des grandes sociétés et les grands hôtels.

La population des grandes villes américaines continue de décroître au profit des banlieues. Celles-ci connaissent, depuis les années cinquante, un formidable accroissement, les populations aisées délaissant les centres-ville pour venir s’installer dans des banlieues pavillonnaires. Celles-ci rassemblent aujourd’hui plus de 60 p. 100 de la population urbaine et s’étendent sur des espaces de plus en plus vastes, à l’image de Los Angeles, qui s’étale sur une centaine de kilomètres. Progressivement, s’y créent des centres d’activité (commerces, bureaux, industries) qui deviennent à leur tour des villes, elles-mêmes entourées de nouvelles banlieues.

Le départ des classes moyennes et d’une partie des emplois vers les banlieues a accentué la ségrégation spatiale, sociale et ethnique de l’espace urbain, et entraîné une dégradation et une paupérisation dramatique des centres-ville. Les minorités ethniques défavorisées s’y concentrent aujourd’hui dans des ghettos, où l’insalubrité, la pauvreté et le chômage génèrent une importante criminalité. Désertées par les populations aisées et donc privées de ressources fiscales, la plupart des grandes villes américaines sont aujourd’hui confrontées à une grave crise financière. Totalement impuissantes, elles s’enlisent dans une crise urbaine de plus en plus insoluble. Ce phénomène est aujourd’hui l’un des problèmes les plus graves auxquels sont confrontés les États-Unis.

Institutions et vie politique

Les États-Unis sont une démocratie présidentielle. Complétée peu à peu par 27 amendements, mais non modifiée dans son essence, la Constitution de 1787 n’a pas cessé jusqu’à nos jours de régir le fonctionnement des institutions américaines. Elle a servi de modèle à de nombreux pays. Reposant sur le fédéralisme et la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire), elle établit le partage des responsabilités entre les États fédérés et l’État fédéral. Elle est marquée par la volonté de protéger les citoyens contre tout abus de pouvoir. La Constitution peut être amendée par un vote à la majorité des deux tiers de chaque chambre du Congrès. Les dix premiers amendements, connus sous le nom de Déclaration des droits (Bill of Rights), furent adoptés en 1791. Ils établirent, entre autres, la liberté de parole, de religion, de la presse ou encore de réunion. Dix-sept autres amendements furent adoptés entre 1795 et 1992, parmi lesquels l’abolition de l’esclavage et l’établissement d’un impôt sur le revenu.

Institutions et vie politique – Pouvoir exécutif

Le pouvoir exécutif est détenu par le président, élu pour un mandat de quatre ans au suffrage universel indirect en même temps qu’un vice-président. Le 22e amendement (1951) limite le cumul à deux mandats. Le président détient seul le pouvoir exécutif. Il est à la fois le chef de l’État, le chef du gouvernement et le chef des armées. Il réside à la Maison-Blanche et est assisté d’un cabinet, constitué par les secrétaires en charge des différents ministères (Departments) et de quelques autres officiels, tels que le directeur de la CIA (Central Intelligence Agency) et l’ambassadeur américain auprès des Nations unies.

Les services chargés de l’exécutif sont : l’Office of Management and Budget, qui prépare les budgets et contrôle les dépenses, le National Security Council, qui s’occupe de la défense nationale, et le Council of Economic Advisers, qui conseille le président en matière économique. Le pouvoir exécutif du gouvernement est organisé en 14 départements : l’État, le Trésor, la Défense, la Justice, l’Intérieur, l’Agriculture, le Commerce, le Travail, la Santé et les Services sociaux, l’Éducation, le Logement et le Développement urbain, le Transport, l’Énergie et les Anciens Combattants.

Institutions et vie politique – Pouvoir législatif

Le pouvoir législatif est détenu par le Congrès, formé de deux Chambres : le Sénat (100 membres), qui représente les États (2 sénateurs par État), et la Chambre des représentants (435 membres), qui représente la population. Les sénateurs sont élus pour six ans au suffrage universel direct et renouvelable par tiers, tous les deux ans. Le nombre des représentants varie selon la démographie de chaque État. La Californie, l’État le plus peuplé, possède le plus grand nombre de représentants (52) ; plusieurs États comme le Delaware et le Vermont n’en comptent qu’un seul.

Le président possède un droit de veto sur les lois votées par le Congrès. Ce veto peut toutefois être contré par un vote à la majorité des deux tiers des membres du Congrès.

Institutions et vie politique – Pouvoir judiciaire

Le pouvoir judiciaire est détenu par la Cour suprême, composée de 9 membres, nommés à vie par le président et irrévocables. Elle juge les procès impliquant l’État ou un État fédéré, fait office de cour d’appel et contrôle tout le système judiciaire fédéral. Elle juge également de la constitutionnalité des lois.

Institutions et vie politique – Gouvernement local

Chaque État possède sa propre Constitution, fondée sur le principe de la séparation des pouvoirs entre le gouverneur de l’État, élu pour un mandat de quatre ans, le Congrès de l’État et la Justice. L’État est compétent dans les domaines de l’éducation, de la police, de la protection de l’environnement, de l’économie (commerce, industrie, agriculture), des prisons, des hôpitaux, des services sociaux ou encore de la justice. Ainsi certains États fédérés autorisent la peine de mort, d’autres non. Au cours du XXe siècle, le rôle de l’État fédéral a eu tendance à se renforcer, aux dépens du fédéralisme, victime d’une politique de centralisation. La répartition des pouvoirs s’est toutefois rééquilibrée sous les présidences de Richard Nixon et de Ronald Reagan, avec une redistribution d’une partie des fonds publics aux États fédérés. Le pouvoir central, qui conserve la maîtrise de l’évolution générale du pays, s’impose dans les domaines requérant une approche globale, comme la politique monétaire ou l’éducation.

Institutions et vie politique – Partis politiques

Deux grands partis dominent la vie politique aux États-Unis : le Parti démocrate, fondé vers 1828-1830, et le Parti républicain, fondé en 1854, plus conservateur en matière fiscale, économique et sociale. Le Parti démocrate défend traditionnellement les salariés, les consommateurs et les minorités, le Parti républicain, les chefs d’entreprises et les milieux d’affaires. Une partie du débat politique porte sur le rôle de l’État fédéral, notamment dans le règlement des problèmes sociaux et le contrôle de l’économie.

Il existe, par ailleurs, un grand nombre de petits partis indépendants et de multiples groupes de pression (lobbies) dont les ambitions se limitent à la défense d’une cause ou à une revendication précise.

Institutions et vie politique – Défense

Le président des États-Unis est le commandant en chef des forces armées américaines. Toutefois, seul le Congrès détient le pouvoir de déclarer la guerre. Les États-Unis possèdent une armée puissamment équipée, gérée par le ministère de la Défense, le Pentagone. Depuis 1973, les forces armées américaines ne sont composées que d’hommes et de femmes volontaires. Depuis la fin de la guerre froide, le gouvernement américain a fortement réduit le budget de la Défense (3,2 p. 100 du PIB en 2001 contre 6,5 p. 100 en 1985).

Les effectifs de l’armée ont considérablement baissé. En 2001, l’armée de terre comptait environ 485 500 soldats, la marine 385 400 et l’aviation 369 700. Les États-Unis sont membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et ont un siège permanent au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU).

Langues et religions

La langue officielle des États-Unis est l’anglais, parlé par la majorité des Américains. Toutefois, près de 32 millions de personnes utilisent une autre langue dans leur foyer. Plus de la moitié d’entre eux communiquent en espagnol (hispanophones), notamment en Arizona, au Texas, en Californie et au Nouveau-Mexique. Les autres langues sont le français, pratiqué en Louisiane par les Cajuns et dans le Maine, les langues amérindiennes (navajo, hopi, etc.) et celles des principales communautés d’immigrés (chinois, japonais, italien, allemand, etc.).

Les principales religions sont le protestantisme (57 p. 100), le catholicisme (28 p. 100) et le judaïsme (2 p. 100). Les principales Églises protestantes sont baptistes (19,4 p. 100) ou méthodistes (8 p. 100).

Au début de la colonisation, les colonies anglaises d’Amérique du Nord constituent un refuge contre l’intolérance religieuse en Europe. Un grand nombre de sectes et de croyances s’y épanouissent, comme celle fondée en Pennsylvanie par le quaker anglais William Penn. En Nouvelle-Angleterre se développe, à partir de 1620, le congrégationalisme, fondé par des séparatistes (voir Pères Pèlerins) et des puritains, dissidents de l’Église anglicane. Jusqu’en 1691, la colonie de Plymouth, fondée par les Pères Pèlerins, est une théocratie. Son intolérance religieuse à l’égard des non-congrégationalistes, tels que les baptistes et les quakers, amène l’un d’eux, Roger Williams, à quitter la colonie, en 1636, et à fonder la colonie de Providence (Rhode Island), ouverte à toutes les croyances religieuses. En 1639, Williams y établit la première Église baptiste d’Amérique.

Les premiers juifs débarquent, dès 1654, à La Nouvelle-Amsterdam (New York), fondée en 1625 par les Hollandais, qui y maintiennent les croyances et les pratiques de l’Église réformée. Le luthéranisme se développe en Pennsylvanie, dans la colonie de New York et au Delaware tandis que, plus au sud, c’est le presbytérianisme qui connaît une grande diffusion, à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle. L’Église anglicane reste, en revanche, l’Église officielle dans les colonies du Sud. Elle est imposée plus tard au Maryland, qui a été colonisé au XVIIIe siècle par des catholiques sur l’initiative de la famille Calvert.

Le mouvement « Revival of Religion », ou « Réveil », prônant un retour à la foi originelle, exerce, au milieu du XVIIIe siècle, une grande influence sur les différentes religions protestantes des colonies américaines. Les principaux « réveils » aux États-Unis sont le méthodisme et le « Grand Réveil », fondé en 1740 par le congrégationaliste Jonathan Edwards et qui se diffuse dans les églises baptistes. Jusque dans la première moitié du XIXe siècle, la population des États-Unis reste majoritairement protestante. À partir des années 1820, le nombre des catholiques s’accroît rapidement avec l’arrivée massive d’immigrants irlandais (plus de 1 million entre 1845 et 1855), puis, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, avec les vagues d’immigration en provenance des pays du sud et de l’est de l’Europe (Italie, Autriche, Hongrie, Pologne). Parmi les développements religieux du XIXe siècle, citons la fondation de plusieurs cultes d’origine américaine tels que l’Église des mormons, la Science chrétienne, l’Église adventiste du Septième jour et les témoins de Jéhovah.

Éducation

L’éducation scolaire est assurée, de la maternelle au secondaire, par des établissements scolaires publics ou privés. L’enseignement élémentaire et secondaire s’étend sur douze années et est sanctionné par un diplôme. La responsabilité de l’enseignement public est décentralisée au niveau des États fédérés (financements, programmes scolaires, etc.).

La ségrégation raciale appliquée dans les écoles (ségrégation scolaire) est une pratique courante, surtout dans les États du Sud, jusqu’en 1954, date à laquelle elle est déclarée illégale par la Cour suprême des États-Unis. Depuis, de grands progrès ont été accomplis vers la non-ségrégation, mais une ségrégation de fait est encore largement répandue en ville et dans les banlieues. À la fin des années 1980, plus de 60 p. 100 des élèves noirs et hispano-américains fréquentent des écoles où les minorités constituent plus de 50 p. 100 de la population scolaire.

L’enseignement supérieur est payant et souvent très coûteux. Les premiers établissements ont été créés dès la seconde moitié du XVIIe siècle. Parmi les universités les plus prestigieuses figurent l’université Harvard (Cambridge, Massachusetts), le California Institute of Technology (Caltech) à Pasadena, l’université Yale (New Haven, Connecticut), l’université de Stanford (Palo Alto, Californie), l’université du Michigan, l’université Columbia (New York), l’université de Californie (Berkeley, Los Angeles), l’université du Texas (Austin), l’université d’État de Pennsylvanie (Penn State University) et Penn, ou University of Pennsylvania, à Philadelphie, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Cambridge, l’université de Chicago et l’université de Princeton (New Jersey). Les États-Unis possèdent également de célèbres écoles d’enseignement artistique comme par exemple la Juilliard School (New York). Tout comme l’enseignement élémentaire et secondaire, l’enseignement supérieur a appliqué une ségrégation raciale jusqu’en 1954.

Arts et vie culturelle

Les États-Unis comptent plus de 7 000 musées. Les plus grands musées américains sont le Museum of Modern Art (New York), le Museum of Contemporary Art (MOCA) de Los Angeles, le San Francisco Museum of Modern Art, l’Hirshhorn Museum and Sculpture Garden (Washington), le musée Solomon R. Guggenheim (New York), le Museum of Modern Art (San Francisco), le Metropolitan Museum of Art (New York), l’Art Institute of Chicago, le Museum of Fine Arts (Boston), la Smithsonian Institution (Washington), le Philadelphia Museum of Art, et l’American Museum of Natural History (New York). Les États-Unis possèdent près de 32 000 bibliothèques dont certaines sont très prestigieuses, comme la célèbre bibliothèque du Congrès (la bibliothèque nationale, 28 millions de volumes) à Washington, ou la New York Public Library (environ 10 millions de volumes).

Les États-Unis présentent également de nombreux théâtres, salles de concerts et d’opéra dont les célèbres Metropolitan Opera et Carnegie Hall de New York, ainsi que de multiples compagnies de spectacles (voir Lincoln Center for the Performing Arts ; New York City Ballet).