Économie États-Unis d’Amérique

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Économie États-Unis d’Amérique 2017-03-09T16:18:59+00:00

Généralités

Avec un produit intérieur brut (PIB) de 9 837 milliards de dollars en 2000, les États-Unis constituent la première puissance économique du monde. Le PIB par habitant (34 940 dollars), très élevé (4e rang mondial en 2000), les classe parmi les pays les plus riches du globe. Toutefois, plus de 13 p. 100 de la population atteignait le seuil de pauvreté en 1997.

En 2002, les États-Unis comptaient environ 144,9 millions d’actifs. Le secteur tertiaire est aujourd’hui prépondérant, en liaison avec le développement des activités des services publics (administrations) et privés (banques, assurances) et du secteur « quaternaire ». Le taux de chômage (5,8 p. 100 en 2002 et 4,3 p. 100 en 1998, soit le taux le plus bas depuis 1970) est relativement faible par rapport à l’Europe. Mais le marché du travail est marqué par une flexibilité croissante et par la précarité de l’emploi.

Généralités – Facteurs de prospérité

Les États-Unis sont le pays du libéralisme économique et du capitalisme : le principe du « laisser-faire », la concurrence, l’économie de marché et la libre entreprise sont les moteurs de l’économie américaine. Sa puissance repose à la fois sur un vaste marché intérieur et sur une internationalisation très poussée, grâce aux investissements massifs des grandes multinationales américaines à l’étranger.

Les intérêts des États-Unis sont présents sur tous les continents. Les grandes firmes américaines contrôlent une partie des ressources agricoles et minières des pays du tiers-monde : exploitation du pétrole, du fer, de la bauxite et du cuivre du continent africain, production bananière au Guatemala, du fer et du manganèse au Brésil, ainsi que d’une partie des industries du Mexique, depuis la mise en place des maquiladoras. Certains dénoncent cette mainmise américaine et parlent d’exploitation économique du tiers-monde. Dans les pays industrialisés (Europe, Canada), les investissements américains concernent surtout les industries manufacturières. À l’inverse, le marché intérieur américain est largement ouvert aux importations et aux investissements étrangers (Japon, Grande-Bretagne).

La force de l’économie américaine, aujourd’hui, ne repose pas seulement sur son internationalisation, mais aussi sur sa suprématie technologique. Celle-ci est fondée sur l’importance des crédits consacrés à la recherche-développement (2,5 p. 100 du PIB en 1996) et sur le travail de quelque 5 millions de chercheurs et d’ingénieurs. Cet effort est partagé entre un réseau d’universités prestigieuses et les firmes industrielles, qui travaillent en étroite collaboration. Pays de prix Nobel, les États-Unis attirent des chercheurs du monde entier (« Brain Drain »). Le secteur « quaternaire », qui regroupe les travailleurs les plus qualifiés (chercheurs, ingénieurs), emploie désormais plus de personnes que l’agriculture.

Les États-Unis sont devenus la première puissance économique mondiale au début du XXe siècle, à l’issue de la première révolution industrielle et agricole. À la prospérité et à l’euphorie des années 1920 succède la grande crise économique des années 1930. L’économie américaine, stimulée par la politique du New Deal puis par l’effort de guerre, renoue avec la prospérité durant la Seconde Guerre mondiale. Modèle du capitalisme mondial au lendemain de la guerre, jouissant d’une suprématie économique incontestée, les États-unis connaissent alors une très forte croissance. La production industrielle double en quinze ans. Les firmes multinationales américaines conquièrent des positions clés en Europe et en Amérique latine tandis que les services (banques, assurances, commerce, administration) connaissent un développement exceptionnel.

Toutefois, la rapidité de la croissance et la compétitivité nouvelle de l’Europe et du Japon, le déficit croissant et chronique de la balance des paiements américaine (à partir des années 1960) et de la balance commerciale (à partir des années 1970) entraînent un déclin relatif mais régulier de l’économie américaine. Le PIB des États-Unis n’a cessé de croître, mais la part du pays dans la production mondiale a diminué. En 1945, le PIB américain (213 milliards de dollars) représente la moitié du PIB mondial ; en 1995, 7 246 milliards de dollars, les États-Unis n’ont produit que le quart de la richesse mondiale.

L’aggravation du déficit budgétaire, liée à une forte augmentation des dépenses publiques (sociales sous Carter, militaires sous Reagan), a par ailleurs entraîné une forte croissance de l’endettement national. Premier créancier du monde au début des années 1980, les États-Unis sont devenus aujourd’hui les premiers débiteurs (dette brute en 1997 : 61,5 p. 100 du PIB).

Généralités – Échanges internationaux

Aux début des années 1990, dans le cadre de la mondialisation des échanges et compte tenu de l’ouverture du marché américain aux produits étrangers, les États-Unis ont entamé une vaste négociation (Uruguay Round) sur les échanges internationaux, dans le cadre du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade, aujourd’hui Organisation mondiale du commerce ou OMC). Celle-ci a finalement débouché sur une série d’accords sur les tarifs douaniers et le commerce international.

Par ailleurs, depuis le 1er janvier 1994, est entré en application l’Accord de libre-échange nord américain (Alena ou NAFTA). Celui-ci marque l’abolition des barrières douanières entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, qui forment désormais un marché unique de 388 millions de consommateurs. À ce jour, l’Alena a eu un effet très bénéfique, en stimulant fortement les échanges à l’intérieur des trois États membres.

Avec un taux de croissance de 4,1 p. 100 en 1994, de 2 p. 100 en 1995, de 2,4 p. 100 en 1996 et 3,8 p. 100 en 1997 (contre 0,4 p. 100 en 1990), l’économie américaine semble désormais sortie de la grave récession des années 1989-1992. Le déficit budgétaire a été considérablement réduit, passant de 290 milliards de dollars en 1992 à 107 milliards de dollars en 1996, le budget devenant même excédentaire en 1998, pour la première fois depuis trente ans. Mais les États-Unis, favorables à l’établissement d’un grand marché commun continental, de l’Alaska à la Terre de Feu, souhaitent aller plus loin et poussent à l’ouverture des marchés en Amérique latine. Lors du premier Sommet des Amériques en décembre 1994, Bill Clinton s’est prononcé en faveur de la création d’une Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) d’ici 2005. Malgré la réticence des pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay), le processus de négociations a été lancé à l’issue du deuxième Sommet des Amériques, en avril 1998, et réaffirmé lors du troisième Sommet en avril 2001 à Québec.

Généralités – Concentration des entreprises

Les PME (petites et moyennes entreprises) sont très nombreuses, notamment dans le domaine des services et dans celui de la sous-traitance. Toutefois, une grande partie de la population active travaille dans des firmes employant plus de 100 personnes, qui rassemblent plus de 40 p. 100 des salariés.

La concentration est très importante dans l’industrie et dans la finance. On observe une tendance à l’oligopole, c’est-à-dire au contrôle des marchés par un nombre réduit de grandes sociétés. La concentration des entreprises se poursuit, mais ses conséquences humaines (licenciements massifs ou downsizing) sont de plus en plus mal acceptées. À la fin des années 1980, les États-Unis possédaient 44 des 100 premières firmes industrielles du monde. Au palmarès des chiffres d’affaires réalisés en 1997, 4 d’entre elles figuraient parmi les 10 premiers groupes mondiaux : General Motors, Ford Motors, Exxon et Wal-Mart.

Il existe aux États-Unis, depuis la fin du xixe (loi Sherman, 1890) et le début du XXe siècle (loi Clayton, 1914), une législation antitrust visant à éviter une concentration excessive pouvant conduire à l’établissement d’un monopole. La tendance aujourd’hui est aux conglomérats, qui ajoutent, aux formes traditionnelles de concentration horizontale et verticale, une diversification des activités. Parmi les plus grands conglomérats figurent United Technologies, International Telegraph and Telephone (ITT) ou encore Textron.

Généralités – Rôle de l’État fédéral

Depuis le New Deal, l’État fédéral a multiplié et diversifié ses interventions. Les démocrates sont, dans ce domaine, plus interventionnistes que les républicains. Ces derniers défendent les milieux d’affaires et sont favorables, par leur programme (« moins d’État, moins d’impôts ») à la déréglementation administrative et au désengagement public. Dans sa politique conjoncturelle, l’État fédéral s’efforce de maîtriser l’inflation par le contrôle des prix, des salaires (Nixon, 1971-1974), et par des taux d’intérêts élevés (Reagan, 1981-1982), ou encore de soutenir l’activité économique par des allégements d’impôts afin de relancer la consommation (Carter, 1977-1978). Il aide également l’agriculture et finance, par ses commandes, l’entreprise industrielle privée. Il intervient, enfin, dans le financement des programmes sociaux et les diverses prestations que le gouvernement s’est engagé à fournir aux citoyens, tels le Medicare (assurance maladie des personnes âgées) ou le Medicaid (assurance maladie des plus démunis).

Toutefois, l’État-providence et le welfare (système garantissant aux plus démunis une aide financière de l’État fédéral) ont été fortement remis en cause, dans un pays qui compte aujourd’hui quelque 38 millions d’habitants vivant en dessous du seuil de pauvreté. Désormais, nul ne pourra bénéficier de l’aide sociale plus de cinq ans durant toute sa vie. Par cette réforme, signée par Bill Clinton en août 1996, l’État fédéral renonce à corriger les inégalités induites par l’économie de marché et un capitalisme sauvage. L’objectif avoué est d’économiser près de 55 milliards de dollars en six ans. Plus récemment, Bill Clinton s’est prononcé en faveur d’une augmentation du salaire horaire minimal (4,42 dollars), inchangé depuis sept ans.

Agriculture, forêts, pêche – Agriculture

Grâce à un climat et à des sols favorables, l’agriculture des États-Unis est la première du monde. Le secteur primaire employait 2,7 p. 100 de la population active et produisait 1,63 p. 100 du PIB en 2000. Les terres arables couvrent 19 p. 100 du territoire national. Dominants pour certaines productions (céréales, soja, viande bovine, agrumes), les États-Unis sont les premiers exportateurs mondiaux de produits agricoles. Ils assurent 80 p. 100 des exportations mondiales de soja, 55 p. 100 des exportations de maïs et 30 p. 100 de celles du blé. La balance agricole est chaque année très excédentaire, avec un surplus de 14,1 milliards de dollars en 1994 (2e rang mondial après le Canada).

Bien équipée mais fortement endettée, l’agriculture américaine est intégrée au grand capitalisme. Dominée par de grands groupes financiers industriels et commerciaux, elle est au centre d’un vaste complexe agro-industriel ou « agrobusiness » (33 p. 100 de la population active), allant de la production de biens et de services aux agriculteurs jusqu’aux structures de transformations et de distribution des produits alimentaires.

Le développement de la mécanisation et de l’agriculture scientifique a entraîné une réduction massive du nombre des agriculteurs et des exploitations agricoles (5,6 millions en 1950, 2,1 millions en 1993), une concentration des terres et l’augmentation de la taille moyenne des exploitations (86 ha en 1950, 189 ha en 1993). La petite ferme familiale a pratiquement disparu du paysage agricole américain, au profit de vastes exploitations agro-industrielles, chargées de satisfaire la consommation des grandes villes et adaptées aux besoins d’une puissante industrie agroalimentaire. Ces exploitations géantes, ou corporate farming (jusqu’à 2 000 ha), sont des entreprises capitalistes, contrôlées souvent par des conglomérats (Boeing, Coca-Cola). Elles sont spécialisées dans des productions à forte valeur ajoutée (plantations de canne à sucre, pépinières, vignobles de qualité, aviculture, agrumes, élevage bovin industriel) et ouvertes sur le marché mondial. L’agriculture industrielle (700 000 exploitations) assure plus de 80 p. 100 de la production et des ventes.

L’agriculture américaine fournit une gamme très étendue de productions végétales et animales. L’élevage (bovin, porcin, ovin, volailles) et ses produits dérivés fournissent 50,5 p. 100 des recettes de l’agriculture. L’élevage bovin (embouche et produits laitiers) domine la production. Le cheptel bovin (103,3 millions de têtes en 1995) est le troisième du monde. Le troupeau laitier est concentré dans les zones humides et verdoyantes des Grands Lacs (Dairy Belt), du Nord-Est atlantique et du Nord-Ouest pacifique. L’élevage pour la viande associe les régions de l’Ouest, spécialisées dans la reproduction, aux régions d’engraissement des Grandes Plaines centrales (Iowa, Nebraska, nord du Texas, Colorado), où se développent de véritables usines d’élevage (feedlots, ou « parcs d’engraissements »). Le cheptel porcin est également très important, avec 60 millions de têtes (2e rang mondial).

Les cultures sont très variées. Les États-Unis sont leaders mondiaux pour les céréales (282,2 millions de t en 1995 soit 15 p. 100 de la production mondiale) et le soja (69,6 millions de t en 1994). En 1995, ils produisaient 47 p. 100 du soja mondial, 38 p. 100 du maïs (Iowa, Illinois), avec une production de 191,5 millions de t (1er rang mondial), et 11 p. 100 du blé (59,4 millions de t, 2e rang mondial). Les autres céréales sont l’orge (7,9 millions de t, 5e rang mondial) et le riz (8 millions de t), cultivé essentiellement en Arkansas et en Californie. Les rendements céréaliers sont élevés (5 572 kg/ha).

Parmi les plantes industrielles dominent le coton (Vieux Sud, Californie), avec une production de 4,1 millions de t de fibres (2e rang mondial, 22 p. 100 de la production mondiale), les arachides (Géorgie), avec une production de 1,9 million de t en 1994 (3e rang mondial), le tabac (Caroline du Nord, Kentucky), dont la production s’est élevée à 723 000 t en 1994 (2e rang mondial), la canne à sucre (Hawaii, Floride ; 27,4 millions de t en 1995) et la betterave à sucre. Les États-Unis sont les troisièmes producteurs mondiaux de sucre brut (6,9 millions de t en 1995). Les fruits et légumes tempérés sont cultivés dans les régions urbanisées du Nord-Est atlantique, sur les rives des Grands Lacs (Fruit Belt) et dans les États de Washington et de l’Oregon. Les agrumes (13,2 millions de t en 1994, 2e rang mondial) et les fruits tropicaux (ananas, papayes) sont cultivés en Floride, en Californie et à Hawaii. Les autres grandes cultures sont les plantes fourragères, destinées au bétail, la pomme de terre (20,3 millions de t en 1995, 4e rang mondial) et la vigne (Californie ; 4e rang mondial).

L’agriculture américaine s’est longtemps caractérisée par la spécialisation de vastes régions agricoles dans une monoculture (Corn Belt, Cotton Belt, Wheat Belt). Ces belts (« ceintures ») spécialisées ont été remplacées, aujourd’hui, par des régions agricoles aux cultures plus diversifiées. La Grande Vallée californienne, dominée par les cultures maraîchères et fruitières, est irriguée à très grande échelle. Le nord-est des États-Unis (Nouvelle-Angleterre, Pennsylvanie, New York, région des Grands Lacs) est spécialisé dans la production laitière (Dairy Belt). Les Grandes Plaines centrales sont le domaine des grandes cultures céréalières (maïs, blé), de l’élevage intensif (porcs, bovins) et, plus récemment, du soja. L’irrigation y est nécessaire à l’ouest du 100e méridien. Ces espaces agricoles sont aujourd’hui gravement menacés par l’érosion des sols. Dans le Vieux Sud (de l’Atlantique au Mississippi), la culture traditionnelle du coton (plantations de la Cotton Belt) a fortement décliné. Elle est aujourd’hui associée à des cultures variées (tabac, légumes, céréales, soja, arachides). Dans les zones subtropicales (littoral du golfe du Mexique, Floride), la culture du riz, des agrumes, de la canne à sucre et des légumes est prédominante. Enfin, les montagnes et les plateaux de l’Ouest sont le domaine de l’élevage traditionnel extensif bovin (ranching) et ovin.

Agriculture, forêts, pêche – Sylviculture et pêche

Aux ressources agricoles s’ajoute un puissant secteur sylvicole. Environ 195 millions d’hectares de forêt (soit la quasi-totalité de la forêt américaine) sont exploités. Les États-Unis sont les premiers producteurs mondiaux de bois (500 millions de m3 en 1993). La production concerne essentiellement les bois tendres (sapin de Douglas, pin jaune du Sud). La moitié est destinée à la construction (bois de charpente) et un tiers à la production de pâte à papier. Les principales régions sylvicoles sont les plaines côtières du Sud, la Nouvelle-Angleterre, les Appalaches, la région des Grands Lacs, les Rocheuses et les chaînes côtières du Pacifique.

Le secteur de la pêche est également très actif. Avec une prise annuelle de 5 millions de tonnes en 1999, les États-Unis occupent le 5e rang mondial derrière la Chine, le Pérou, le Japon et le Chili. Les espèces marines (mollusques, crustacés, poissons) constituent l’essentiel des prises. Les principales régions productrices sont l’Alaska (saumon, colin), le Massachusetts, la Louisiane, le Texas, le Maine et la Californie. La région de la Nouvelle-Angleterre est réputée pour ses crustacés (homards). L’ostréiculture (côte atlantique) et la pisciculture (truite, saumon) sont développées.

Exploitation minière et énergie

En 1996, le secteur secondaire employait 24 p. 100 de la population active et fournissait, en 1991, 27 p. 100 du PIB.

Exploitation minière et énergie – Ressources minières

Grâce à l’abondance de ses ressources minérales, les États-Unis sont la deuxième puissance minière du monde. Leur exploitation fournissait 3,5 p. 100 du PIB national en 1991 et occupait 3,5 p. 100 de la population active en 1996. Cinq États assurent la moitié de la production annuelle : le Texas, la Louisiane, l’Alaska, l’Oklahoma et la Californie.

Les énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon, uranium) sont les premières productions en valeur. Les États-Unis occupent le 2e rang mondial pour la production de charbon (849 millions de t en 1995), dont ils possèdent un cinquième des réserves mondiales. Premier exportateur mondial de charbon, les États-Unis possèdent 23 p. 100 des réserves planétaires. Le charbon est extrait principalement dans les Appalaches (près de Kentucky et de Pittsburgh) et dans le bassin du lac Michigan (Illinois, Indiana). Les plateaux de l’Ouest et les montagnes Rocheuses possèdent d’importantes réserves. Le charbon fournit 55 p. 100 de l’électricité du pays.

Les États-Unis sont également les deuxièmes producteurs mondiaux de gaz naturel (530 milliards de m3 en 1995) et de pétrole (386 millions de t en 1995). Les principales régions productrices sont le golfe du Mexique (Texas, Louisiane), qui fournit 60 p. 100 du pétrole national et 70 p. 100 du gaz naturel, la Californie et l’Alaska (20 p. 100 du total grâce au gisement de Prudhoe Bay). La distribution des produits pétroliers est assurée par l’un des plus grands réseaux mondiaux d’oléoducs et de gazoducs (1,3 million de km), qui relie les zones productrices du Sud aux régions industrielles et urbaines du Nord-Est. Les réserves de pétrole sont estimées à 3 064 millions de t (10e rang mondial), soit 2,4 p. 100 des réserves planétaires. Celles de gaz naturel sont estimées à 4 640 milliards de m3 (6e rang mondial), soit 3,2 p. 100 des réserves mondiales.

Le pays se place au 8e rang mondial pour la production d’uranium (Nouveau-Mexique, Texas, Wyoming, Utah), avec une production de 1 590 t en 1995, au 6e rang mondial pour le minerai de fer (région du lac Supérieur, en particulier le Minnesota et le Michigan), avec une production de 39,2 millions de t en 1995, au 1er rang mondial pour le cuivre (2,28 millions de t en 1995), au 3e rang mondial pour le plomb (408 000 t en 1995), l’or (Nevada, Californie, Utah, Dakota du Sud) et l’argent (Nevada, Idaho, Alaska, Montana, 1 400 t en 1995), ainsi qu’au 1er rang mondial pour le molybdène (Colorado, Arizona, Idaho, Montana) et les phosphates (Floride, Caroline du Nord, Idaho, Tennessee), avec une production de 45,5 millions de t en 1995. Les autres minerais importants sont le zinc, avec une production de 363 000 t en 1995 (4e rang mondial), la bauxite, le soufre (1er rang mondial, production de 11,6 millions de t en 1993), la potasse (Nouveau-Mexique ; 1,4 million de t en 1995, 5e rang mondial), le magnésium et le sel.

Malgré cette extraordinaire richesse minérale, les États-Unis ne produisent aujourd’hui que 65 p. 100 de leurs besoins en pétrole et importent 80 p. 100 de leurs besoins en aluminium, chrome, cobalt, magnésium, amiante, étain et tungstène.

Exploitation minière et énergie – Énergie

Les États-Unis sont les premiers producteurs mondiaux d’électricité (3 575 milliards de kWh en 1995), soit 20 p. 100 de l’énergie mondiale : 10 p.100 sont d’origine hydraulique, 20 p. 100 d’origine nucléaire, 70 p. 100 d’origine thermique. Grâce au formidable potentiel hydraulique du pays, l’eau des fleuves est mobilisée pour la production d’hydroélectricité dans le Nord-Est (Nouvelle-Angleterre, chutes du Niagara), dans les Appalaches, avec l’aménagement de la Fall Line, et de la vallée du Tennessee (Tennessee Valley Authority, 1933), dans les Hautes-Plaines (Missouri) et surtout dans l’Ouest, dans les bassins du Colorado et de la Columbia, équipés de grands barrages (barrage Hoover, barrage de Grand Coulee).

Les États-Unis consomment plus du quart de l’énergie mondiale (2 073 millions de tep en 1995 ; taux de couverture : 80,2 p. 100). Le pétrole fournit près de 41 p. 100 de l’énergie totale consommée à des fins industrielles ou domestiques, le charbon 23 p. 100, le gaz naturel 24 p. 100, l’énergie hydraulique 4 p. 100 et le nucléaire 8 p. 100. Les États-Unis sont, aujourd’hui, les premiers importateurs mondiaux d’hydrocarbures, d’où leur souci constant de garantir la sécurité de leurs approvisionnements (guerre du Golfe, 1991).

Industrie

Les États-Unis ont la plus forte production industrielle mondiale. Ils assurent encore 20 p. 100 de la production industrielle mondiale (contre plus de 30 p. 100 en 1960). En 1996, l’industrie américaine employait 20,5 p. 100 de la population active et fournissait, en 1991, 23,5 p. 100 du PIB.

Ses points forts sont sa grande diversité, une capacité d’innovation remarquable, et son avance technologique. Les États-Unis occupent la première place mondiale dans de nombreuses branches industrielles : le pétrole (Exxon, Mobil, Texaco, Chevron, Amoco), l’automobile (General Motors, Ford Motors, Chrysler), les constructions aéronautiques (Lockheed Martin, United Technologies, Boeing, McDonnel Douglas, Textron) et électriques (General Electric), les biens de consommations (Philip Morris, Procter & Gamble, Conagra, Coca-Cola), la chimie-pharmacie (DuPont de Nemours, Dow Chemical) ou encore l’informatique (IBM, Hewlett-Packard, Compaq, Digital Equipment, Apple, Microsoft).

Malgré un déclin relatif depuis la fin des années soixante, l’industrie reste un secteur clé de l’économie américaine. Seuls la sidérurgie et le textile ont été gravement affectés par la désindustrialisation. De plus en plus, l’industrie américaine évolue vers une spécialisation dans des activités de haute technologie. La puissance des grandes firmes américaines se maintient, malgré une vive concurrence internationale, émanant principalement du Japon (téléviseurs, appareils hi-fi, photographie, motocycles, automobile), de l’Europe (armements, aéronautique, chimie) et des nouveaux pays industriels d’Asie extrême-orientale, notamment la Corée du Sud, la Chine, Taïwan et Hong Kong (jouets, plastique, textiles, etc.).

Industrie – Régions industrielles

L’espace industriel des États-Unis a connu une importante évolution au cours des dernières décennies, caractérisée par le déclin relatif des vieilles régions industrielles du Nord-Est, cœur historique de la révolution industrielle, et par l’industrialisation rapide des États du Sud et de l’Ouest.

Cet étonnant retournement de la dynamique spatiale, qui caractérise aussi bien l’économie que la démographie, s’est accéléré à partir des années 1970, lorsque le Nord-Est industrialisé s’est trouvé confronté à une grave crise de ses industries de main-d’œuvre traditionnelles (sidérurgie, automobile, textile). Celles-ci ont perdu plusieurs millions d’emplois. Comprise entre les Grands Lacs et la Mégalopolis (quadrilatère Baltimore-Portland-Milwaukee-Saint-Louis), la Manufacturing Belt est victime d’une désindustrialisation notable. Appelée parfois la Rust Belt (« Ceinture de la rouille »), elle reste toutefois la première concentration industrielle du pays et conserve l’essentiel du pouvoir de commandements. Elle concentre 70 p. 100 des sièges sociaux des grandes firmes et fournit encore 43 p. 100 de la production industrielle nationale. Les cinq États les plus industrialisés y sont l’Ohio, l’Illinois, le Michigan, la Pennsylvanie et l’État de New York.

De l’autre côté du continent nord-américain, le Texas et surtout la Californie constituent les nouvelles grandes régions industrielles du pays. Le Sud fournit de nos jours 32 p. 100 de la production industrielle nationale et l’Ouest pacifique, 16 p. 100. Le début de la croissance économique et urbaine des États de la Sunbelt date des années quarante ; il résulte autant de la décision de l’État fédéral d’y implanter ses centres de recherche et ses usines d’armement que des mutations qui ont affecté la production industrielle (développement des industries de pointe, essor de la Silicon Valley) et la recherche d’une main-d’œuvre bon marché (Mexicains).

La concurrence internationale a entraîné la création et un développement rapide des maquiladoras dans les villes mexicaines situées le long de la frontière avec les États-Unis (Tijuana, Ciudad Juárez, Mexicali, Nuevo Laredo), considérées comme des zones de libre-échange. Sous l’initiative d’industriels américains, cherchant à réduire les coûts d’assemblage de leurs produits manufacturés, et à de grands fermiers mexicains désireux de rentabiliser leur domaine, ces usines de montage emploient une main-d’œuvre mexicaine à bon marché. Les maquiladoras mexicaines attirent de plus en plus de multinationales étrangères, en particulier japonaises.

L’extraordinaire dynamisme de l’aire Pacifique, qui constitue aujourd’hui le cœur de l’activité économique mondiale, joue aujourd’hui en faveur de la façade ouest des États-Unis. Grâce à leur situation très favorable, la Californie et les autres États du Pacifique (Oregon, Washington, Hawaii, Alaska) apparaissent les mieux placés pour affronter la compétition industrielle internationale au sein des États-Unis. La Californie, désormais l’État le plus industrialisé du pays, fournit à elle seule 10 p. 100 de la production industrielle nationale. Elle a gagné 600 000 emplois entre 1994 et 1996. Si elle était une nation indépendante, elle serait la sixième puissance économique mondiale.

Industrie – Agroalimentaire et textile

L’industrie agroalimentaire américaine est puissante et diversifiée, à l’image des productions agricoles : produits laitiers dans la région des Grands Lacs et en Nouvelle-Angleterre, industries de la viande et minoteries dans les Grandes Plaines, conserveries de fruits et légumes dans la plaine côtière atlantique et en Californie, raffineries de sucre, brasseries dans la région des Grands Lacs et dans le Kentucky (bourbon), viticulture en Californie. C’est un secteur très concentré. Les deux tiers de la production sont assurés par cinquante entreprises parmi lesquelles Nabisco, Coca-Cola et Pepsi-Cola, géants de l’agroalimentaire mondial, ou encore Mac Donald’s et Burger King, leaders de la restauration rapide. Les États-Unis sont, avec la France, les premiers exportateurs mondiaux de produits agroalimentaires.

L’industrie textile (confection, fibres, textiles), activité traditionnelle en Nouvelle-Angleterre et en Pennsylvanie, a fortement régressé, de même que l’industrie cotonnière localisée dans le Sud (Géorgie, Caroline du Nord, Caroline du Sud). Industrie de main-d’œuvre, elle emploie près de 2 millions de personnes dans des firmes de petite taille et des travailleurs souvent peu qualifiés et sous-payés (femmes, minorités ethniques). La balance commerciale est déficitaire en raison de l’importance des importations de produits textiles (confection, bonneterie) en provenance des pays du tiers-monde (plus de 50 p. 100 du marché national aujourd’hui). Cette concurrence a entraîné la fermeture de nombreuses usines et des suppressions massives d’emplois (près de 2 millions dans la confection). Cependant, grâce à la modernisation de ses techniques et de son appareil de production, sous l’impulsion des grandes entreprises (Burlington, Levi Strauss), l’industrie textile américaine a retrouvé une forte productivité. Elle se situe au deuxième rang mondial pour la fabrication des tissus naturels et domine le marché pour les fibres synthétiques. L’industrie du vêtement (confection) et de la mode, très dynamique, se concentre dans les grands centres urbains de l’Est (New York, Philadelphie), de Chicago et de la Californie.

Industrie – Métallurgie et industrie automobile

Les États-Unis sont le 3e producteur mondial d’acier brut avec une production de 91 millions de t en 1994. Parmi les industries métallurgiques, la sidérurgie reste un secteur essentiel malgré son déclin. En 1987, elle fournissait encore 11 p. 100 de l’acier mondial (contre 60 p. 100 en 1945). Elle subit une concurrence accrue des entreprises japonaises et européennes. Cependant, grâce à d’importants efforts de restructuration, la sidérurgie américaine a retrouvé une forte productivité. Elle est dominée par trois grandes firmes (Bethlehem Steel, LTV, US Steel).

D’abord localisée aux pieds des Appalaches (gisements de charbon) et sur les rives des Grands Lacs (minerai de fer de la région du lac Supérieur et du Canada), elle a commencé à se rapprocher du littoral dans les années 1950-1960, vers les ports d’importation de minerai de fer (Philadelphie, Baltimore, Houston). Toutefois, l’essentiel de la production est toujours issu de la région des Grands Lacs (Pennsylvanie, Illinois, Indiana, Ohio, Michigan), les centres les plus actifs étant Pittsburgh (Pennsylvanie) et Chicago-Gary (Illinois, Indiana). D’autres noyaux sidérurgiques sont situés au sud des Appalaches (Birmingham), au Texas (Houston), en Californie, dans les Rocheuses (mini-mills).

Les États-Unis possèdent également une puissante industrie de l’aluminium dont ils sont les premiers producteurs mondiaux (3,3 millions de t en 1994, soit près d’un tiers de la production mondiale). Ce secteur est dominé par trois grandes sociétés, les « Big Three » (Kaiser, Reynolds et Alcoa). Les États-Unis importent le minerai brut (bauxite) d’Amérique latine, d’Afrique et d’Australie. Les usines sont installées dans les ports d’importation de matières premières (golfe du Mexique, Texas) et dans les régions productrices d’hydroélectricité (vallée du Tennessee, vallée de la Columbia).

L’industrie automobile américaine, la première du monde, est fortement concurrencée par les constructeurs japonais. Elle fabrique près du quart de la production mondiale (6,6 millions d’unités en 1994). La filière automobile fournit près de 8 p. 100 de la valeur de la production industrielle. C’est une activité financièrement et spatialement concentrée. Trois firmes (les « Majors ») assurent la quasi-totalité de la production : General Motors, fondée en 1908 et première entreprise mondiale, Ford Motors (1903) et Chrysler (1923). Les principaux constructeurs étrangers aux États-Unis sont les firmes japonaises Honda (devenue le 1er exportateur automobile du pays) et Toyota, ainsi que la firme allemande Volkswagen. Encore concentrée dans l’État du Michigan (le tiers de la production nationale) et surtout à Detroit, capitale mondiale de l’automobile, l’industrie automobile a essaimé dans d’autres villes des Grands Lacs (Cleveland, Toledo, Buffalo, Chicago) et plus au sud (Indianapolis, Cincinnati, Saint-Louis). Elle s’accompagne de productions annexes (machines-outils, machines agricoles, électroménager). Des usines de montage existent également dans les grands centres urbains de l’Est et du Sud (Dallas, Atlanta, Memphis, Californie). Frappée par deux grandes crises en 1974-1975 et en 1980-1982, l’industrie automobile américaine n’a pu se redresser qu’au prix d’une reconversion profonde de son appareil de production. Celle-ci s’est accompagnée de suppressions massives d’emplois (fermeture de dix usines).

Industrie – Industrie chimique

Les États-Unis sont les leaders mondiaux dans le secteur de la chimie. Ils possèdent une puissante industrie, avec des firmes comme DuPont de Nemours, Dow Chemical, Union Carbide, Monsanto et les grandes firmes pétrolières (Exxon, Mobil, etc.). En aval de la chimie lourde, on trouve des firmes plus spécialisées, comme Eastman Kodak (matériel et films photographiques), ou encore les entreprises fabriquant le caoutchouc synthétique et les pneumatiques, installées à Akron (Goodyear, Firestone). La chimie minérale fournit la soude, l’acide sulfurique, les engrais. La chimie organique est la plus importante : elle fournit 20 p. 100 du caoutchouc synthétique mondial. Elle repose sur la carbochimie (nord du bassin des Appalaches) et sur la pétrochimie (Louisiane, Texas, Chicago, Toledo, New York).

Industrie – Industries de pointe

Les États-Unis se caractérisent aujourd’hui par le dynamisme des industries de pointe (informatique, électronique, biotechnologies, robotique, etc.). Employant une main-d’œuvre hautement qualifiée et utilisant des technologies très sophistiquées, elles constituent l’un des secteurs à plus forte croissance de l’économie américaine. Elles se concentrent de plus en plus dans des technopoles à proximité des grandes villes, des campus universitaires et des grands aéroports (hubs) : Boston (route 128, route 495), Philadelphie (route 202), Portland (Sunset Corridor), San Francisco (Silicon Valley, université Stanford), Caroline du Nord (Triangle d’or), New Jersey (Route 1, Zip Strip, université de Princeton), Texas (complexe micro-électronique d’Austin), etc.

Les industries électriques et électroniques sont particulièrement importantes. Les États-Unis ont été les initiateurs de la « révolution électronique ». Celle-ci bouleverse le monde depuis l’invention du transistor (1948), la fabrication des premiers micro-ordinateurs (1964) et la mise au point du microprocesseur (1971), qui miniaturise l’ordinateur et multiplie les applications de l’informatique. Malgré l’essor du Japon, l’industrie électrique et électronique américaine reste la plus puissante du monde et fournit une gamme très étendue de produits : semi-conducteurs (Motorola, IBM) ; armements très sophistiqués (missiles, radars, instruments de guidage) ; biens d’équipement (matériel informatique, supercalculateurs, ordinateurs, micro-ordinateurs, robots industriels) et biens de consommation grand public (calculatrices, téléviseurs, hi-fi, etc.). Elle est dominée par de grandes firmes comme IBM, numéro un mondial de l’informatique, Microsoft, Apple, Hewlett-Packard, Commodore, Unimation, Texas Instruments, General Electric, Zenith ou ITT. Elle se concentre dans le Nord-Est (New York, siège d’IBM et d’ITT, le Connecticut, le Massachusetts, Detroit). Toutefois, c’est dans le Sud et l’Ouest qu’elle connaît le taux d’expansion le plus élevé (Californie, Texas).

Les États-Unis figurent également au premier rang mondial pour les industries aérospatiales. Ils dominent le secteur de l’aéronautique avec des firmes comme Boeing, premier avionneur mondial, Mac Donnell Douglas ou Rockwell. L’industrie aéronautique américaine se localise dans le Nord-Est (Philadelphie, Columbus), dans les Grandes Plaines (Saint Louis, Wichita), dans le sud (Atlanta) et surtout sur la façade pacifique, principale région de fabrication des cellules d’avions (Californie ; région de Seattle, où est installée la firme Boeing).

L’industrie aérospatiale est plus dispersée. Associée à l’électronique, ses principaux centres sont situés dans le Sud (Alabama, Texas, Virginie, Louisiane, Floride) et dans l’Ouest (Californie, Nevada). Depuis le lancement du programme spatial Apollo, en 1961, en riposte au défi soviétique, les États-Unis se sont lancés dans la conquête de l’espace (programme Skylab, navettes spatiales). Le rôle de l’État a été et reste déterminant dans ce secteur. Agence fédérale, la NASA est le maître d’œuvre des programmes spatiaux dont elle assure le financement. Celui-ci représente le quart des dépenses publiques de recherche-développement. Les États-Unis ont aujourd’hui perdu le monopole des lanceurs de satellites, suite à la concurrence de l’Europe (fusée Ariane), de la Russie, et, plus récemment, de la Chine et du Japon.

Grande puissance militaire, les États-Unis possèdent également un très important secteur de l’armement, résultat de la course aux armements classiques et nucléaires lancée durant la guerre froide, face à l’URSS. Les dépenses militaires engagées par l’État sont en baisse mais restent considérables. Elles jouent un rôle déterminant dans l’économie et dans le commerce extérieur (exportations d’armes). Les industries de l’armement sont assez dispersées. Les firmes travaillent en étroite coopération avec le ministère de la Défense, dans le cadre d’un véritable « complexe militaro-industriel », qui, depuis 1940, représente une des composantes de base de l’économie du pays.

Secteur tertiaire

L’économie américaine connaît, depuis plusieurs décennies, une tertiarisation croissante de ses activités. On parle aujourd’hui d’économie et de société post-industrielles, dominées par les services et les activités de consommation destinés à satisfaire les besoins d’une population à revenus élevés. Celles-ci caractérisent les pays riches les plus développés. Ainsi, en 1995, 73,3 p. 100 de la population active était employée dans les activités de services : fonction publique (22 p. 100 des emplois tertiaires), services administratifs et financiers des entreprises, défense, recherche, commerces et grande distribution (31 p. 100 des emplois tertiaires), transports et communications, tourisme et loisirs, banques, culture, activités juridiques et paramédicales, services à domiciles, etc. En 2000, 73 p. 100 du PIB étaient réalisés par le secteur tertiaire. Celui-ci représente, en valeur, 30 p. 100 des exportations américaines. Les États-Unis sont en effet le premier exportateur mondial de services. Ainsi, en 1992, les sociétés de services ont dégagé un excédent commercial de 59 milliards de dollars. Parmi les géants mondiaux figurent American Express, Mac Donald’s ou encore Walt Disney.

Secteur tertiaire – Transports

Les États-Unis possèdent l’une des populations les plus mobiles du monde et un trafic de marchandises supérieur à 3 milliards de t. Au début des années 1990, les chemins de fer assuraient près de 37,3 p. 100 du fret total, les camions 25,3 p. 100, les oléoducs 21,2 p. 100, les voies navigables internes 15,8 p. 100 et l’aviation seulement 0,4 p. 100. Le trafic passager annuel était assuré à 81 p. 100 par les voitures individuelles, à 17,2 p. 100 par les compagnies aériennes, à 1,1 p. 100 par les lignes d’autocars et à seulement 0,6 p. 100 par les trains de voyageurs.

Le développement des infrastructures de transport fut une étape fondamentale du développement des États-Unis. Les voies navigables naturelles, ainsi que de vagues pistes, constituèrent les premières voies de circulation. Au cours de la première moitié du XVIIIe siècle, de nombreux canaux furent construits pour relier les Grands Lacs et les fleuves navigables de l’est des États-Unis. Les chemins de fer à vapeur commencèrent à circuler à partir de 1829. La première voie ferrée transcontinentale fut construite entre 1862 et 1869 par les sociétés Union Pacific et Central Pacific, avec l’aide du gouvernement fédéral. Les transcontinentaux furent le principal moyen de transport utilisé par les colons européens partant pour l’Ouest à la fin du XIXe siècle. Le réseau ferré s’étend aujourd’hui sur 330 000 km.

L’automobile et les routes se développèrent dans la première moitié du XXe siècle. Le réseau routier des États-Unis est aujourd’hui le premier du monde (6,30 millions de kilomètres en 1999). En 1956, le gouvernement fédéral a lancé un vaste programme autoroutier, le National Interstate Highway System. Le pays compte aujourd’hui 80 000 km d’autoroutes. Il possède le premier parc automobile du monde (145 millions de voitures particulières soit 1 voiture pour 1,7 habitant). Près de 55 p. 100 des ménages ont au moins deux voitures.

Le transport aérien se développa après la Première Guerre mondiale, mais ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que l’avion devint l’un des principaux modes de transport. Depuis les années soixante, l’essentiel des relations interurbaines est assuré par un réseau complexe de lignes aériennes qui, depuis la déréglementation, proposent des tarifs concurrentiels. Cet essor des transports aériens a entraîné la création de gigantesques aéroports ou hubs (Chicago-O’Hare International Airport ; Dallas-Fort Worth ; John F. Kennedy International Airport et La Guardia Airport, à New York ; Hartsfield International Airport à Atlanta). Ainsi, 6 des 10 premiers complexes aéroportuaires mondiaux se trouvent aux États-Unis. Celui de Chicago (Chicago-O’Hare, Midway) détient le plus fort trafic aérien du monde.

Les transports par voies d’eau (41 000 km), notamment par les Grands Lacs et la voie maritime du Saint-Laurent (ouverte en 1959), par l’ensemble Mississippi-Ohio et par les grands canaux du Nord-Est, jouent un rôle de premier plan. Le trafic est particulièrement intense sur les Grands Lacs, véritable mer intérieure, reliés par plusieurs canaux, notamment le canal Érié (construit en 1825, long de 547 km) et le canal de Sault-Sainte-Marie. Le long des côtes du golfe du Mexique, les lagunes isolées en arrière des cordons littoraux ont été aménagées pour former une grande voie navigable, la Gulf Intracoastal Waterway. Celle-ci longe le littoral depuis le Texas jusqu’en Floride et joue un rôle économique important. Les plus grands ports fluviaux et maritimes sont La Nouvelle-Orléans (Louisiane), New York, Houston, Valdez (Alaska), Baton Rouge (Louisiane), Corpus Christi (Texas), Long Beach (Californie), Hampton Roads (Virginie), Tampa (Floride), Seattle (Washington) et Los Angeles (Californie).

Secteur tertiaire – Secteur financier

La monnaie américaine est le dollar US (divisible en 100 cents). La suprématie monétaire des États-Unis s’appuie sur l’hégémonie du dollar dans le monde. Une grande partie des règlements internationaux s’effectuent dans cette devise. En 1993, les actifs américains atteignaient 1 130 milliards de dollars. En 1991, les États-Unis possédaient 11 920 banques, dont les actifs atteignaient 3 430 milliards de dollars. La Réserve fédérale est la banque centrale du pays. Toutes les banques nationales lui sont affiliées. Le marché financier international est dominé par cinq grandes banques d’affaires américaines, les « Golden Banks ». En 1994, les holdings bancaires les plus riches étaient Citicorp, Chemical Banking Corp., J. P. Morgan. Voir aussi Banque ; Finance ; Monnaie. Les États-Unis possèdent, avec New York, la première place financière et commerciale de la planète. La Bourse de New York (Wall Street) reste la première du monde tandis que Chicago s’impose comme le centre international des marchés à terme.

Secteur tertiaire – Télécommunications

Les États-Unis possèdent un réseau de médias et de télécommunications parmi les plus développés au monde. Sept compagnies régionales sont nées, en 1984, du démantèlement du géant des télécommunications américaines, l’American Telephone and Telegraph (ATT) qui, grâce à une concession de service public, jouissait d’un quasi-monopole. En 1995, quatre entreprises américaines se classaient parmi les dix premiers opérateurs mondiaux (ATT, GTE, Southern Bell, MCI Communications). Elles prennent une part active à la guerre des réseaux électroniques qui constituent, de nos jours, l’élément moteur des échanges mondiaux d’informations. Les États-Unis ont pris aujourd’hui une grande avance dans le domaine de la télévision numérique et des autoroutes de l’information (voir Internet), à l’image des deux géants américains Time Warner et Viacom, premiers groupes multimédias du monde. Ils ont été les fervents artisans d’une déréglementation internationale des télécommunications.

Secteur tertiaire – Tourisme

Le tourisme est une activité très importante aux États-Unis. Ce secteur emploie 9 millions de personnes. En 1999, les recettes touristiques se sont élevées à 60 milliards de dollars. Bénéficiant d’un patrimoine naturel et culturel remarquable, les États-Unis ont investi dans de très importants aménagements touristiques (stations de sports d’hiver, stations balnéaires, parcs d’attractions, etc.). Le loisir organisé y est particulièrement développé. Le tourisme draine une clientèle considérable : 140 millions d’Américains et plusieurs dizaines de millions d’étrangers (en provenance d’Europe occidentale, du Canada, du Japon, d’Amérique latine et des Caraïbes). Il constitue l’un des piliers de l’économie de la Californie, du Nevada, de la Floride ou encore d’Hawaii. Les principales destinations touristiques sont New York, la Californie, la Floride, le Nevada (Las Vegas) et les grands parcs nationaux des montagnes Rocheuses et des Appalaches (Great Smoky Mountains, Zion Canyon, Monument Valley, Mesa Verde, Grand Canyon, Yellowstone). Disneyworld (Floride) et Disneyland (Californie) sont les parcs d’attractions les plus célèbres des États-Unis.

Secteur tertiaire – Industrie cinématographique

Les États-Unis jouissent d’une véritable hégémonie dans le domaine de la production cinématographique et télévisuelle. Spécialisée dans la réalisation de films grand public, de superproductions et de séries télévisées bon marché, l’industrie cinématographique américaine alimente 60 p. 100 des exportations mondiales. L’essentiel de la production est assuré par les grands réseaux télévisés (ABC, NBC, etc.) et, surtout, par quelques grands studios de cinéma (Hollywood), aux mains de groupes industriels puissants (les Majors) : Metro Goldwyn Mayer (MGM), Paramount (rachetée par Viacom), Columbia (rachetée par le japonais Sony en 1989), Warner Bros (WB, aujourd’hui Time Warner), United Artists, Walt Disney, Twentieth Century Fox, etc. La suprématie américaine s’affirme également dans les secteurs de la publicité et les agences de presses (Associated Press, United Press).

Commerce extérieur

Les États-Unis sont la première nation commerciale du monde avec, au début des années 1990, un montant de plus de 979 milliards de dollars de marchandises vendues. Toutefois, le pays est victime d’un déficit chronique de sa balance commerciale et de sa balance des paiements. En 1995, la balance des paiements a été déficitaire de 169,6 milliards de dollars.

Le montant total des exportations de marchandises, en 2001, s’élevait à 666 milliards de dollars. En 1996, les produits agricoles (riz, céréales, coton, soja, tabac) représentaient 3,1 p. 100 de la valeur des exportations et les produits manufacturés (machines, équipements de transport, textiles, produits chimiques, cigarettes), 81 p. 100. Les principaux clients des États-Unis sont l’Union européenne (21,2 p. 100 des exportations), l’Amérique latine (18 p. 100), le Canada et le Mexique (29,6 p. 100), l’Asie (33,8 p. 100), dont le Japon (11 p. 100).

Le montant total des importations s’élevait en 2001 à 1 180 milliards de dollars. En 1994, les produits agricoles (produits tropicaux, caoutchouc naturel, sucre) représentaient 7,3 p. 100 de la valeur des importations, les produits miniers et énergétiques (pétrole, aluminium, étain, manganèse), 9,8 p. 100 et les produits manufacturés, 79 p. 100. Les principaux fournisseurs des États-Unis sont l’Asie (43,3 p. 100 des importations), dont le Japon (16,6 p. 100), le Mexique et le Canada (27,8 p. 100) et l’Europe (17,7 p. 100).

Les principaux partenaires commerciaux des États-Unis en Europe sont la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Mais la part de l’Europe dans les échanges commerciaux des États-Unis ne cesse de décliner, au profit des pays de l’aire Asie-Pacifique. Ainsi, le déséquilibre commercial est particulièrement grave avec l’Asie et le Japon.